est la revue trimestrielle qui reprend toute l’actualité et les informations techniques et pratiques de l’emballage imprimé.

De la création à la conception du packaging, vous retrouvez toutes les informations utiles et indispensables aux professionnels (industriels de l’emballage - fournisseurs de matières premières - décideurs/acheteurs…).

Le design de l’emballage est très important, nous sommes dans un nouveau type de recherche du plaisir, marqué par le souci de débanaliser le quotidien.
Tendances et Emballages « détecteur de tendances » vous accompagne dans votre développement.

Janvier 2018

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TRIBUNE

Serge German, directeur de l’ESEPAC - École d’Ingénierie Packaging

Mutation numérique : État d’urgence

Dans le réseau des industries consommatrices
d’emballages et des transformateurs packaging, le constat est sans appel : on manque de développeurs packaging. Les responsabilités, l’attractivité des rémunérations et les enjeux liés aux technologies numériques en sont les clés.
Serge German, directeur de l’ESEPAC - École d’Ingénierie Packaging basée en Auvergne-Rhône-Alpes - alerte l’industrie sur l’impact de la mutation numérique dans leurs métiers et sur leur impérieuse implication dans la formation de leurs futurs salariés.

Il faut que les entreprises s’attellent à valoriser leurs métiers, notamment ceux du packaging.
D'un côté, une demande des entreprises de candidats de qualité qui ne faiblit pas et atteint même des sommets en prévision des départs à la retraite, notamment dans l’univers du papier-carton.

De l'autre, un vivier de candidats insuffisant et une désaffection des étudiants pour les sciences et pour l’industrie.

Les dirigeants et cabinets de recrutement témoignent qu’il est aujourd’hui plus difficile de recruter qu’en 2012. La pénurie est telle que les diplômés des formations supérieures en packaging couvrent à peine la moitié des besoins actuels. Ce constat est encore plus criant pour les postes de conception ou de responsable en Bureau d’Études. Les diplômés en tirent le bénéfice, puisque 5 offres d’emploi minimum les attendent en fin de formation et que les rémunérations évoluent à la hausse.

Dans le même temps, le numérique révolutionne les entreprises, et particulièrement les attentes vis-à-vis de l’emballage.
L’ère numérique est là, elle n’attend pas ; il faut désormais réussir sa transformation numérique… c’est une lame de fond qui frappe l'économie et notre société, une dynamique qui traverse tous les secteurs, y compris ceux de la formation et du packaging.
Le consommateur recherche commodité et compétitivité ; il fait désormais ses achats dans des boutiques en ligne. Dans le secteur éminemment concurrentiel du e-commerce, la donne en termes de design, de logistique et de packaging est totalement bousculée.
Les emballages doivent traduire les qualités manifestes et implicites du produit au simple coup d’œil. La scénarisation des produits devrait prendre le pas sur la photo dans les années à venir.

La réalité augmentée s’invite également dans nos vies : le client peut aujourd’hui découvrir un produit virtuel, présenté dans une ambiance réaliste et agréable ; il peut manipuler le produit en 3D et même être associé, de façon immersive, aux sensations liées à son usage.
La représentation des produits sur le web et les commentaires sur les réseaux sociaux sont devenus les prescripteurs incontournables des actes d’achat.

Ceci exige des compétences spécifiques que les organismes de formation doivent intégrer, avec l’accompagnement des entreprises.
On pense à l’impression 3D, à la réalité augmentée, à la robotique intelligente, au e-commerce, à la communication entre machines ou aux technologies permettant de gérer les opérations de production en temps réel.
Anticiper les évolutions de l’emballage et l’émergence de nouveaux métiers  constitue un axe majeur de réflexion des formations packaging : l'étudiant doit acquérir non seulement le socle de connaissances et l’habilité professionnelle attendus, mais aussi disposer à l'issue de sa formation d'une agilité vis-à-vis des nouvelles technologies et des réglementations attachées.

La formation s’hybride, se fertilise, combine formation présentielle, formation numérique activable à distance et webminars, entre autres. La jeune génération, familière aux outils numériques, associe cette pédagogie à des dispositifs de co-apprentissage informel entre pairs, notamment par le biais de foire aux questions sur des e-communautés. Les formateurs ne transmettent plus des connaissances mais deviennent des accompagnateurs pour l’acquisition des savoirs.

La frontière entre la formation continue des salariés et la formation initiale des jeunes s’estompe fortement : un apprenti peut recevoir des enseignements magistraux sur son lieu d’apprentissage, au même titre qu’un salarié une formation technique dispensée à distance.

C’est par la valorisation de leur secteur d’activité et des métiers associés que les entreprises suscitent l’intérêt des diplômés ; leur épanouissement et leur fidélité sont directement liés à l’intégration du numérique dans l’entreprise.

Les entreprises ont-elles pris conscience de l’ampleur de cette évolution et de leur nécessaire implication auprès des organismes de formation par la mise à disposition de connaissances, de moyens techniques et économiques ?